Prendre une posture de Yoga

Prendre une posture pour la première fois, c’est d’abord, souvent, imiter quelqu’un qui se place en modèle, puis reporter de plus en plus profondément l’attention à son propre corps et s’attacher à une technique : positionner correctement ses membres, son bassin, son dos, la tête ; sentir le travail des muscles, des articulations, visualiser et ressentir la structure et les lignes internes, les alignements, les tensions.

Vient le jour où l’on reconnaît de soi-même si la posture est correcte, ou du moins où l’on sait ce qu’il faut faire, en accord avec les possibilités du jour, ni trop ni pas assez. Dès ce jour, la technique demande à être animée, insufflée, pour devenir raja, un art royal.

 Méditer sa posture, même quand on débute !

 

Il n’est pas nécessaire d’être un.e pratiquant.e avancé ou spécialement souple pour « couronner » son art. Être lié.e à l’Être essentiel ne dépend pas de la difficulté d’une posture : l’attitude de conscience traverse tout objet, quelle que soit sa forme. Il est utile parfois de nous remémorer les premiers pas de la Voie royale, comme un refrain qui nous lance dans la chanson tout entière. C’est un refrain parmi tant de mélodies, une chanson parmi d’autres, mais la musique commence.

A Yoga7, une des premières écoles de Yoga à Genève, cinq points d’attention sont proposés, le cinquième pouvant englober tous les autres. Ces cinq points peuvent être intégrés à n’importe quelle séance, quels que soient les exercices ou āsana pratiqués. À chacun.e également de les interpréter pour les faire siens. Dès que le corps en posture atteint le meilleur de sa possibilité, le.la pratiquant.e s’ouvre à cinq dimensions, ou pas royaux.

 Quels sont alors ces 5 pas royaux pour vivre une posture de Yoga ?

 
  1. Immobilité (sthira).

Mon corps est parfaitement immobile, ne serait-ce que quelques secondes, et j’en suis parfaitement conscient.e. L’immobilité consciente du corps entraîne automatiquement une diminution de l’agitation mentale et se répercute sur le rythme cardiaque et donc respiratoire.

  1. Plaisir, bien-être (sukhā).

Je cherche en moi un espace de bien-être, même si l’āsana est intense, un espace où le corps s’exprime, rayonne. Cet espace n’est peut-être qu’une toute petite lueur, une petite ouverture à vif au milieu de notre peine, mais il s’accroît naturellement si l’on y détend sa conscience, jusqu’au flamboiement.

  1. Relation au souffle (prānāyāma).

Je contrôle ma respiration, en accompagnant l’āsana d’un exercice de prānāyāma, ou simplement en observant l’état de mon souffle. Le souffle sera lent, régulier et profond, ou au contraire court, saccadé et en surface, selon le niveau de maîtrise et l’état émotionnel. L’observation du souffle s’effectue sans jugement ni désir de performance : le degré de maîtrise n’a pas de valeur particulière, les choses étant ce qu’elles sont. 

  1. Non-résistance (ahimsā).

Je veille à ce que chaque partie de mon corps et de mon mental cesse de lutter, de résister : je me rends à une atmosphère intérieure de OUI à la posture, de OUI à l’étirement, OUI même si je ressens un effort intense, voire pénible. La notion de ahimsā se réfère plus exactement à la non-violence, envers soi-même et les autres. Il s’agit de ne pas travailler en force, en contraignant son corps sous la puissance rigide de la volonté, ni d’ailleurs de céder à la moindre contrariété, mais bien plutôt d’absorber les circonstances – bonnes ou mauvaises, tels les événements naturels de l’existence. L’attitude envers soi et son corps est la même que celle que l’on déploierait, enveloppante, accueillante et aimante, envers un petit enfant en larmes.

  1. Concentration (dhāranā) ou méditation (dhyāna).

Je me concentre sur un point, une zone du corps, sur l’ensemble des caractéristiques ci-dessus. Je médite ma posture, corps et mental réunis dans un espace paisible, sans concepts ni mots. Selon le niveau de maîtrise, soit on choisit de se concentrer sur les points ou chakra favorisés par l’āsana, soit on laisse son être décanter, pour qu’« enfin monte la plénitude que nous sommes en l’Essence[i]».

Une posture de Yoga devient ainsi une expérience unie du corps, du coeur, de l’esprit, de l’infini, une véritable  contemplation de ce que je suis en ce moment, et quel que soit mon niveau technique. C’est royal, véritablement !

Karine Bayard

[i] Karlfried Graf Dürckheim, Le son du silence, Ed. du Cerf, Paris, 1989, p.51.

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